Pour pallier la chute de fréquentation hivernale et l’absence regrettable d’effluves marines par vent d’Est, Barnabé Varech, artisan nez installé rue des Galets, vient de commercialiser une fragrance révolutionnaire.
Baptisée « Marée Basse n°1 », cette eau de toilette capture l’arôme authentique de la vase et du varech en décomposition pour séduire les citadins en mal d’iode.C’est dans l’arrière-boutique de son échoppe, entre deux flacons d’huile de foie de morue et des extraits de sel de Guérande, que Barnabé Varech a mis au point ce qu’il appelle « le tourisme olfactif de rémanence ». L’idée est simple : permettre au vacancier rentré à Levallois-Perret de retrouver, d’un simple spray sur le poignet, l’ambiance d’un après-midi de novembre sur la jetée de Ravennes.« Le parfum traditionnel, c’est de l’illusion. On vous vend de la rose ou du santal. Moi, je vends de la vérité », explique l’artisan en agitant une mouillette imprégnée d’une odeur évoquant irrésistiblement un casier à crabes oublié au soleil. « On y retrouve une note de tête de sel séché, un cœur de goémon noir et une note de fond très présente de vase profonde, avec une pointe de gasoil de chalutier pour le côté industriel-chic. »Un succès fulgurant auprès des nostalgiquesLe premier stock de « Marée Basse n°1 » a été épuisé en moins de quarante-huit heures, principalement par correspondance.
Jean-Hubert T., consultant en stratégie à Lyon, témoigne : « Quand je ferme les yeux et que je respire Estran Radical, je ne suis plus dans mon bureau en open-space. Je suis à Ravennes, j’ai les pieds trempés, il pleut à l’horizontale et ma voiture ne démarre plus. C’est d’un réalisme saisissant. »La municipalité, toujours prompte à soutenir l’innovation locale, envisage déjà de vaporiser le précieux liquide dans les conduits de ventilation de l’Office de Tourisme pour « maintenir une pression sensorielle constante sur les visiteurs ».
Quelques réticences localesTout le monde n’est cependant pas conquis par cette percée cosmétique. La direction du restaurant « L’Ancre Salée » a déjà placardé une affiche interdisant le port du parfum à l’intérieur de l’établissement. « Les clients croient que les moules sont périmées avant même que j’apporte la casserole », soupire le chef, visiblement agacé par cette confusion des sens.Barnabé Varech, loin d’être découragé, travaille déjà sur sa collection de printemps : « Brume de Pot d’Échappement » et « Relents de Poissonnerie après la fermeture ».La Rédaction.





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