,

    SOUVENIR DE CLASSE : printemps 89

    Il y avait, au fond de la salle, un pupitre qui grinçait plus que les autres.Un bois fatigué, disait-on. Pourtant, même les jours sans vent, il se mettait à craquer doucement… comme s’il répondait à quelqu’un. C’est là que s’asseyait le petit Lemoine. Un garçon discret, trop poli pour son âge. Il levait la main…



    Il y avait, au fond de la salle, un pupitre qui grinçait plus que les autres.
    Un bois fatigué, disait-on. Pourtant, même les jours sans vent, il se mettait à craquer doucement… comme s’il répondait à quelqu’un.


    C’est là que s’asseyait le petit Lemoine. Un garçon discret, trop poli pour son âge. Il levait la main avant même que la question soit posée, et parfois, il murmurait des réponses que je n’avais pas encore formulées.


    Un matin, je lui ai demandé comment il savait.
    Il m’a regardée, sans malice :
    « C’est pas moi, maîtresse… c’est le pupitre. »
    Je n’ai rien répondu.


    Mais ce jour-là, en effaçant le tableau, j’ai cru entendre, derrière moi, un léger soupir de bois.


    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *