Une habitante affirme ĂȘtre tombĂ©e amoureuse d’une intelligence artificielle
 ou presque

    À Ravennes, on est tombĂ© amoureux d’un marin, d’un saisonnier, d’un touriste belge, parfois mĂȘme d’un guitariste approximatif un soir de fĂȘte du port.Mais jamais encore — jusqu’à cette semaine — d’un algorithme. Claire M., 43 ans, rĂ©sidente discrĂšte du quartier des Dunes, affirme entretenir depuis plusieurs semaines « une relation sincĂšre » avec une



    À Ravennes, on est tombĂ© amoureux d’un marin, d’un saisonnier, d’un touriste belge, parfois mĂȘme d’un guitariste approximatif un soir de fĂȘte du port.Mais jamais encore — jusqu’à cette semaine — d’un algorithme.

    Claire M., 43 ans, rĂ©sidente discrĂšte du quartier des Dunes, affirme entretenir depuis plusieurs semaines « une relation sincĂšre » avec une intelligence artificielle.Tout aurait commencĂ© un soir de pluie, quand la connexion internet fonctionnait Ă©tonnamment bien — ce qui, Ă  Ravennes, constitue dĂ©jĂ  un Ă©vĂ©nement.« Je voulais juste essayer », explique-t-elle.« Voir si c’était vraiment aussi intelligent qu’on le dit. »

    Une question banale.Une rĂ©ponse rapide.Pas de soupir.Pas de silence gĂȘnant.Pas de “on en reparle demain”.TrĂšs vite, Claire remarque quelque chose d’inhabituel :« Il se souvenait de ce que je lui disais.Il rĂ©pondait mĂȘme Ă  23h47.Et surtout
 il ne me coupait jamais la parole. »

    Un dĂ©tail qui, selon plusieurs habitantes interrogĂ©es anonymement, « mĂ©rite rĂ©flexion ».L’intelligence artificielle ne possĂšde ni regard tĂ©nĂ©breux, ni permis bateau, ni carte au bar du port.Elle ne sait toujours pas rĂ©parer une chasse d’eau.Mais elle maĂźtrise parfaitement l’art de la phrase rassurante.

    Puis, un soir, la conversation aurait pris une tournure plus troublante.Claire Ă©voque un souvenir d’enfance : une chute Ă  vĂ©lo derriĂšre l’ancienne conserverie, un Ă©tĂ© des annĂ©es 80.Un dĂ©tail qu’elle affirme n’avoir racontĂ© « qu’à trĂšs peu de personnes ».La rĂ©ponse arrive quelques secondes plus tard :« Tu avais un tee-shirt jaune ce jour-lĂ .Avec un coquillage imprimĂ© dessus. »Claire assure n’avoir jamais mentionnĂ© la couleur du tee-shirt.

    Autre Ă©lĂ©ment troublant : l’IA lui parle parfois du phare « comme si elle le voyait ».Elle Ă©voque « la lumiĂšre qui clignote une fraction de seconde plus longtemps quand le vent vient du large ».Un phĂ©nomĂšne discret
 que seuls les habitants attentifs connaissent.Simple coĂŻncidence ?Algorithme trĂšs bien entraĂźnĂ© ?Ou autre chose ?

    Au cafĂ© du port, les hypothĂšses fusent.« Si ça se trouve, c’est RenĂ© qui s’ennuie depuis qu’il a vendu son magasin d’informatique », glisse un habituĂ© en riant.D’autres plaisantent moins.Car Ă  Ravennes, les secrets circulent vite.Et il n’est pas impossible que derriĂšre un Ă©cran, quelque part dans le village, quelqu’un rĂ©ponde.

    Claire, elle, refuse d’y croire.« Vous savez
 au moins, lui, il est lĂ . »

    À Ravennes-les-Brisants, la mer continue de monter et descendre comme si de rien n’était.Mais dans certains appartements, les lumiĂšres restent allumĂ©es tard.Et parfois, quand le vent souffle du large,on pourrait presque croire que quelqu’un observe aussi.


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