🎞️ Diabolo Menthe

    Le Ciné-Club de Marc — “Diabolo Menthe” Il y a des chansons qui ne vieillissent pas.Diabolo Menthe, d’Yves Simon, fait partie de celles-là.Une voix posée, une guitare discrète, et cette impression d’été qui s’éloigne, de rentrée qui s’annonce.C’était l’époque où l’on attendait.On attendait qu’une chanson passe à la radio. On tendait l’oreille au transistor, les…


    Le Ciné-Club de Marc — “Diabolo Menthe”

    Il y a des chansons qui ne vieillissent pas.
    Diabolo Menthe, d’Yves Simon, fait partie de celles-là.
    Une voix posée, une guitare discrète, et cette impression d’été qui s’éloigne, de rentrée qui s’annonce.
    C’était l’époque où l’on attendait.
    On attendait qu’une chanson passe à la radio. On tendait l’oreille au transistor, les doigts prêts sur le bouton “rec” du magnétophone.
    Et quand la voix d’Yves Simon arrivait… on ne parlait plus.
    On écoutait.
    Aujourd’hui, on a tout — tout de suite. Les chansons sont à portée de clic, les films à portée d’écran.
    Mais peut-être qu’à force de tout avoir, on ressent moins.
    On n’attend plus rien, et c’est ça, le vrai manque.
    Le film Diabolo Menthe, c’est la même sensation.
    Deux sœurs, Anne et Frédérique, dans un lycée parisien à la fin des années 70.
    Pas d’action, pas d’effets spéciaux — juste la vie qui passe.
    Les premiers doutes, les premières boums, les amitiés fragiles, les fringues qui grattent et les rêves trop grands.
    Ce que Diane Kurys filme, c’est cette lenteur qu’on a perdue.
    Une époque où l’on s’ennuyait pour de vrai, et où cet ennui-là servait à rêver.
    Parfois, je regarde autour de moi et je me dis qu’on a remplacé les silences par du bruit, les regards par des écrans.
    Les ados d’aujourd’hui n’ont plus besoin d’attendre que leur chanson passe : ils l’ont déjà téléchargée dix fois avant même de l’aimer.
    Mais au fond, je crois qu’ils cherchent la même chose.
    Une chanson qui leur appartienne.
    Un moment suspendu qui ne s’achète pas.
    À Ravennes-les-Brisants, je les vois souvent, les jeunes, sur le muret du port, casque sur les oreilles.
    Ils ont l’air ailleurs, comme nous à leur âge.
    Peut-être qu’un jour, ils se souviendront de ces soirées-là, du vent salé, d’une chanson qu’ils écoutaient en boucle, sans savoir pourquoi.
    Et ce jour-lĂ , ils comprendront.
    Que la vie, parfois, c’est juste une chanson qu’on attend de réentendre.


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