🎬 E.T. l’extra-terrestre

    Il y a des films qui vieillissent.Et puis il y a ceux qui restent à l’âge exact où nous les avons découverts.E.T. fait partie de ceux-là. On a souvent résumé le film à son image la plus célèbre — un vélo découpé sur la lune — comme si l’essentiel se trouvait dans l’envol. Mais l’envol…



    Il y a des films qui vieillissent.
    Et puis il y a ceux qui restent à l’âge exact où nous les avons découverts.
    E.T. fait partie de ceux-lĂ .


    On a souvent résumé le film à son image la plus célèbre — un vélo découpé sur la lune — comme si l’essentiel se trouvait dans l’envol. Mais l’envol n’est que la conséquence. Ce qui compte, c’est ce qui précède : le silence d’une maison un peu trop grande, une table où il manque quelqu’un, un enfant qui ne pose pas vraiment de questions… mais qui comprend.


    En 1982, montrer une famille brisée dans un grand film populaire n’était pas anodin. Le divorce n’était pas encore ce mot qu’on prononce sans détour. Ici, il n’est jamais expliqué. Le père est “au Mexique”. C’est tout. On n’en saura pas davantage. Mais on sent que quelque chose s’est fissuré, et que cette fissure traverse Elliott.
    Elliott n’est pas un enfant solitaire par goût.
    Il l’est par adaptation.
    Alors quand il découvre E.T., ce n’est pas la curiosité scientifique qui l’anime. Ce n’est pas l’aventure. C’est la reconnaissance. Deux êtres laissés derrière. Deux présences déplacées. Deux solitudes qui se comprennent sans vocabulaire commun.
    On pourrait dire que le film parle d’un extraterrestre traqué par des adultes en combinaison blanche. Mais en réalité, il parle d’un enfant qui cherche un endroit où déposer ce qu’il ressent. Les adultes, chez Spielberg, sont souvent filmés sans visage. Tronqués. Lointains. Le monde des grands est cadré froidement. Celui des enfants respire encore.
    E.T. devient alors autre chose qu’un visiteur venu d’ailleurs.
    Il devient un refuge. Une manière d’inventer un lien quand celui qu’on connaissait s’est brisé.
    Si le film sortait aujourd’hui, le divorce ne surprendrait plus. Il serait presque banal. Ce qui surprendrait peut-être, en revanche, c’est cette lenteur. Cette façon de laisser un enfant s’ennuyer, attendre, observer. Aujourd’hui, tout va plus vite. On explique, on analyse, on verbalise. E.T. ne verbalise pas. Il ressent.
    Et c’est peut-être pour cela qu’il nous touche encore.
    Parce qu’au fond, nous avons tous eu besoin, un jour, d’un E.T.
    Pas forcément un extraterrestre.
    Mais une présence. Une échappée. Une amitié qui ne pose pas trop de questions.
    Un endroit oĂą se cacher un peu du bruit du monde.


    Et ici, à Ravennes, on sait bien ce que c’est que les absences.
    On sait ce que le silence peut contenir. On sait aussi que les villages ont leurs mystères, leurs départs inexpliqués, leurs chambres restées intactes.
    Parfois, ce n’est pas un vaisseau qui vient chercher ceux qu’on aime.


    Parfois, c’est simplement le temps qui les éloigne.
    Alors on garde la lumière allumée.


    Au cas oĂą.


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